Nos grands-mères et nos jumeaux: des relations intergénérationnelles uniques
C’est fou comme nos grands-mères rajeunissent au contact de nos jumeaux. Sarah et moi-même avions envie, dans cet article, de partager avec vous l’énergie que nous renvoie cette relation si spéciale entre nos grands-mères et nos jumeaux.
Des relations qui renvoient à notre enfance avec nos grands-mères
La semaine prochaine, ma grand-mère aura 100 ans. Elle a toute sa tête et encore de l’énergie malgré les petits bobos qui l’assaillent. Et dans cet article, j’aimerais lui rendre hommage et lui dire merci. Non pas qu’elle me conseille et m’aide avec nos deux p’tits loups. Non! Mais en la voyant interagir avec eux, elle me replonge dans mes années de petite fille avec elle. Lorsque je partais à la campagne avec mes grand-parents, lors des vacances scolaires.

Dans ses interactions avec nos deux p’tits loups, je la revoie, elle, ma grand-mère de mes 10 ans. Ma grand-mère et ses principes éducatifs qui me sautent aux yeux aujourd’hui. Pour son temps, je trouve qu’elle était en avance sur les valeurs qu’elle nous a transmises et surtout dans la manière de nous les transmettre.
Stricte mais juste, avec des principes et des règles de bienséance solides. Mais surtout je me rend compte de sa modernité. Responsabilisation, confiance, respect mutuel, etc. Elle ne criait que très rarement (et si elle le faisait, c’était mauvais signe), elle ne passait rien (une limite était une limite). Et surtout, elle arrivait à faire en sorte qu’on ne veuille pas la décevoir. Rétrospectivement, je pense que c’est en partie du à cette tendre camaraderie qu’elle entretenait avec chacun de nous, dans notre fratrie de 5 enfants. Elle réussissait en nous impliquant dans son quotidien (plier le linge en riant, préparer le dîner en transmettant, etc.), en nous donnant notre place dans le foyer. Et j’en fait pleinement le constat aujourd’hui, lorsque je vois ma grand-mère et mes jumeaux ensemble. Alors pour tout ça, merci, Manie.
Aujourd’hui, je la vois faire les mêmes choses avec nos deux p’tits loups. Mais surtout, je la vois rajeunir lorsqu’ils sont avec elle. Je la vois rajeunir au point de les entraîner, à table, à taper les couverts sur leur assiette, à chanter ou faire toutes ces p’tites choses que la bienséance ne permet pas. Elle rajeunit au point de réussir à avancer à une allure raisonnable avec son déambulateur comme pour les suivre dans leurs petites courses d’enfants. Je me demande alors parfois si elle ne rajeunit pas au point d’avoir leur âge. C’est fascinant de voir l’énergie qu’elle déploie, naturellement, à leur contact! C’est aussi émouvant de voir à quel point nos deux p’tits loups la réclament et sont si heureux de lui rendre visite.
Et pour la petite histoire, ma grand-mère est très fière d’avoir des arrières-petits-enfants jumeaux. A tel point qu’un jour, alors que je lui demandais si elle connaissait l’existence de jumeaux dans notre famille au sens large, elle m’a répondu avec les yeux qui brillent et un large sourire: « Non, tu es la première! Et quel beau cadeau tu nous fait de pouvoir vivre cette aventure » (de la gémellité)!

Je n’ai malheureusement pu observer qu’un tout petit moment mon autre grand-mère avec nos deux p’tits loups. Je suis toutefois persuadée que si nous pouvions la visiter plus souvent, elle me renverrait aussi la relation que nous avions toutes les deux lorsque j’étais petite. Elle les gâterait beaucoup trop…de cadeaux, de sucreries et chocolats (hihiii). C’est fou, c’est beau. En attendant, je transmets à mes deux p’tits loups ses bisous dans leurs cous tout chauds qu’elle aimerait tant leur faire plus souvent.
Nos grands-mères et nos jumeaux: une histoire de famille
Quand Anne-Claire parle de sa grand-mère, je suis évidemment très émue car je la rejoins sur de nombreux points. Mais j’ai la chance encore une fois, de voir double. En effet, à 35 ans, j’ai encore mes deux grands-mères. Mes enfants comptent donc 4 grands-parents, et 3 arrières grands-parents encore bien présents dans leur vie. Quel délice. Mais aujourd’hui ce sont nos grands-mères que l’on met à l’honneur. Et chacune d’elle vit la gémellité comme un cadeau bien différent.

Bonne-Maman a aujourd’hui 92 ans, 4 enfants dont… des jumeaux. Il y a cette légende (ou pas ?) de la gémellité qui saute une génération. Chez nous, ça se vérifie. Quand je lui ai annoncé ma grossesse gémellaire après deux enfants, comme elle, elle a été très émue. Non avare de conseils, elle aime me raconter comment elle vivait la famille nombreuse et la gémellité.
Elle a tant aimé revivre au travers moi cette grossesse, même si nos histoires sont bien différentes. Je la revois me raconter la découverte des jumeaux au travers d’une radio à 7 mois de grossesse, car quand même on entendait les cœurs en double. Elle a su les amener à terme quand ma grossesse s’est arrêtée au moment où elle a appris les deux cœurs qui battent. Elle aime me dire à quel point elle est fière de moi car elle sait. Car elle sait le challenge que d’élever des jumeaux, elle sait la responsabilité de la famille nombreuse. Elle espère le plus doux pour moi, elle espère le meilleur pour eux.
A 14 ans, lors d’une conversation très sérieuse avec ma Mamy, 82 ans aujourd’hui, je lui ai dit « Tu sais Mamy, j’aurais des jumeaux un jour ». Une intuition qui s’est révélée juste. Ma Mamy c’est mon roc, une deuxième maman, une confidente, celle qui partage mes lectures, mes joies et mes peines. Mamy vieillit, je l’entend dans le son de sa voix quand elle appelle pour prendre des nouvelles, je le vois dans ses jambes qui tremblent quand elle quitte sa maison.
Pourtant, quand j’arrive avec ma tribu, son visage change, sa voix aussi. Elle sait de nouveau s’abaisser pour jouer, elle fait rouler les voitures, répare les avions, connaît les cris de tous les animaux, elle lit des livres qu’elle connait par cœur, elle s’émeut de les voir grandir à chaque rencontre. Elle rêve, rêve de les voir grandir longtemps, de sentir les petits cous chauds, de remplir les poches de bonbons en douce, … Et je rêve avec elle. Je mesure ma chance de pouvoir observer tout ça, d’apprendre auprès d’elle comment être douce mais ferme. Car elle sait y faire Mamy, elle « pèle l’œuf » quand quelque chose lui déplait mais n’hausse jamais la voix. Cette Mamy je tiens à ne pas la décevoir, j’espère que je réussis.

Et un jour quand je serai à mon tour grand-mère, j’espère prendre un peu d’elles pour rayonner dans le cœur de mes petits-enfants comme elles rayonnent dans le mien et dans ceux de mes enfants. Parce que comme le disent déjà si bien les jumeaux « Moi j’aime bien Mamy. » « Moi, j’aime bien Bonne-Maman ».
Et chez vous, vos grands-mères et vos jumeaux ont la chance de s’être rencontrés?
Retrouvez Sarah dans son article précédent: J’ai accouché.
