Maman de jumeaux c’est se diviser en deux, aussi.

Maman de jumeaux c’est aussi se diviser en deux : maternité, égalité, fraternité.

Tout en double mais, maman de jumeaux c'est se diviser en deux aussi...
Maman de jumeaux c’est se diviser en deux, se dédoubler aussi. S’adapter à chacun de nos deux bébés et répondre au mieux à leurs besoins.

Maternité: être parfois à deux vitesses

Apprendre à être maman avec des jumeaux, quelle chance! Oui vraiment! C’est une richesse mais ça va vite. Alors qu’en tant que maman je voudrais prendre le temps de profiter pleinement de chacun de nos deux p’tits loups, il est parfois impossible de le faire. Maman de jumeaux c’est se diviser en deux, aussi.

Oui, la maternité avec des jumeaux est doublement rapide, elle est intense en tout. Je ne sais pas pour vous mais de mon côté, je la trouve intense en moments tendres, complices et amusants, attendrissants même. Mais ma maternité est aussi intensément dense en situations qui demandent d’être capable de s’adapter, de tout gérer, de faire face et de se remettre en question, notamment. Être réactive pour pouvoir répondre au mieux aux besoins de nos deux p’tits loups. Et leurs besoins, souvent les mêmes, se manifestent la plupart du temps au même moment faisant de moi une maman parfois dépassée. Une maman de jumeaux qui doit se diviser en deux, se sentant morcelée, fractionnée en plusieurs émotions et plusieurs tâches à accomplir.

C’est ce que je réussis à faire avec le temps car j’ai développé de nombreuses compétences à mesure qu’ils grandissent (pas vous?). C’est ma force aussi. Je sais anticiper, réagir et agir en fonction de toutes ces situations si particulières. Mais voilà! Même si je suis capable et que je m’adapte très bien à nos deux formidables p’tits loups, le sentiment de n’être pleinement ni avec l’un, ni avec l’autre est présent, de temps en temps. C’est une part de la maternité avec des jumeaux qui est parfois difficile à assumer. Et je ne pense pas être la seule à me dire que c’est une maternité à deux vitesses. Être maman de jumeaux peut parfois faire surgir le regret ne pas pouvoir vivre sa maternité pleinement comme avec un seul bébé. Ne pas pouvoir prendre le temps, se poser paisiblement pour jouer, rire, etc….

Alors oui, nous vivons beaucoup de moments intenses en joie, rires, complicité et tendresse, mais ils sont souvent écourtés par la mésaventure d’un de nos deux p’tits loups. Oui, ça va vite et même si je mets un point d’honneur à prendre le temps, je voudrais pouvoir le prendre davantage.

Égalité (et même équité): couper la poire en deux

Je me mets souvent en tête que si je fais un bisous à l’un, je dois en faire un à l’autre. Si je dis “je t’aime” avec un câlin ou si je joue avec l’un, il faut que ce soit équitable et le faire aussi avec l’autre. Ce que l’un a, l’autre l’a aussi… même si l’autre ne le reclame pas nécessairement. Mais ont-ils vraiment les mêmes besoins? Tout le temps et surtout en même temps? Je n’en suis pas si sûre sauf si nos deux p’tits loups se manifestent ensemble.

Et là, répondre à leurs besoins en même temps, en toute équité et en toute circonstance, est tout simplement impossible. Il y a bien des moments où je dois privilégié un des deux. Il y a bien des moments dans lesquels je dois répartir mon temps, mon énergie entre les deux. Ces moments dans lesquels je dois, en tant que maman de jumeaux me diviser en deux, me dédoubler.

Attention! Je ne parle pas ici de me plier en deux pour répondre à TOUTES leurs demandes. Je parle de la gestion de certaines situations typiques ou de satisfaire leurs besoins primaires et fondamentaux. Dans ces situations particulières aux jumeaux, je dois tout découper, scinder, séparer en deux pour contenter leurs besoins. Je vois bien que je ne peux pas être avec les deux pleinement, en même temps. Je me vois souvent leur dire “attends, je viens quand j’ai fini avec No/Lo”. Et depuis qu’ils évoluent, grandissent, parlent et expriment leur émotions, je le mesure de plus en plus. Il me faudrait un super pouvoir de maman pieuvre ou un don ubiquité. A défaut, la maman de jumeaux que je suis va se diviser en deux.

D’aucuns me diraient “mais pourquoi tu ne passes pas un moment exclusif avec l’un, puis un autre moment exclusif avec l’autre?” A quoi je répondrais qu’effectivement c’est une bonne solution. Mais lorsque je suis seule avec eux, c’est bien difficile. Et lorsque cela arrive, ce moment est souvent écourté par l’autre.

Ce que je me dis surtout, et de plus en plus, c’est que je peux leur apprendre à passer des moments riches et complices à 2. Nous 3 (4 lorsque P’tit chou est à la maison), le plus souvent possible. Et lorsque l’un a une demande différente de l’autre, couper la poire en deux, faire des compromis pour satisfaire les deux en même temps. Ce que je veux dire par là c’est qu’ils sont nés à deux et ont toujours été ensemble. Ils n’ont peut-être pas besoin, au sens strict du terme, de se retrouver seul avec moi (ou P’tit chou) pour un moment privilégié et exclusif, si? Ce n’est peut-être pas un besoin dans le sens où ils n’ont jamais connu, ou qu’exceptionnellement, l’exclusivité. Alors, je coupe la poire en deux et je me dis que c’est aussi ça une fratrie, non?

J’ai parfois ce sentiment de n’être que “à moitié” avec l’un ou avec l’autre mais je ne culpabilise pas. Je me dis qu’être maman de jumeaux c’est se diviser en deux et puis c’est tout. Je me dis que c’est aussi ça être frères et/ou sœurs. C’est apprendre le “chacun son tour”, le “faire à deux” comme dans n’importe quelle fratrie. C’est apprendre le partage. Et j’ai le sentiment que nos deux p’tits loups l’ont déjà bien compris à 2 ans et demi.

Ils savent reconnaître les situations dans lesquelles il est bon de partager, celle dans lesquelles ils doivent être solidaires et mettre en commun une ressource ou un jeu, même si à leur âge la volonté de posséder un objet est souvent exacerbée. Ils savent aussi embrasser leur duo et prendre part à des évènements à deux en toute intelligence. Le lien unique qui les unis participe très certainement à cet apprentissage.

Et avec cette solidarité qu’ils apprennent vient le respect de l’autre, l’empathie, la sympathie, la considération et la reconnaissance de l’autre, notamment. De belles valeurs qui découlent de cette situation de partage entre jumeaux. Et qui découlent surtout de notre condition de maman de jumeaux qui se divise en deux la plupart du temps mais qui ne peut pas tout faire en double au même moment.

Et vous, ça vous fait quoi ce sentiment de devoir se diviser en deux parfois?

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