Déconstruire 10 a priori sur les jumeaux
Lorsqu’on vous annonce une grossesse gémellaire, la plupart du temps, la panique s’installe. Vous imaginez, tout et son contraire. Vos craintes s’exacerbent et vous ne savez plus discerner le faux du vrai. Alors voilà, dans cet article je déconstruit 10 a priori sur les jumeaux pour vous permettre d’y voir plus clair.

1. La grossesse gémellaire est forcément difficile
Bon alors sur ce point, je précise que je ne suis ni médecin, ni professionnelle de santé ou accompagnante périnatal. Mais! J’ai moi-même vécu une super grossesse gémellaire. Et cela malgré un terrain immunitaire défectueux. Et je ne suis pas une exception. Donc c’est possible. Une grossesse gémellaire peut très bien se dérouler. D’ailleurs, si vous souhaitez en apprendre davantage, j’ai eu la chance d’accueillir sur mon podcast Clotilde qui accompagne les futurs parents de jumeaux. Dans l’épisode, elle explique qu’une grossesse gémellaire n’est pas forcément une grossesse difficile.
2. Il va falloir changer de logement et de voiture
C’est la première chose que les parents se disent. Non? « On va devoir changer de voiture, déménager, etc. » Alors, encore une fois, pour moi, ça n’a pas été le cas. Je n’ai pas changé de voiture et j’avais un appartement de 2 pièces durant toute la première année. Donc cet a priori sur les jumeaux dans mon cas ne s’est pas vérifié. Mais, il est tout à fait possible de devoir changer de logement ou de voiture pour plein d’autres raisons que pour des raisons de place à l’approche d’une naissance. Par exemple, on peut changer de logement pour des raisons de proximité avec certaines commodité ou d’accès au logement (ascenseur). On peut très bien changer de voiture parce qu’elle n’est pas aux normes pour attacher un siège auto, ou encore pour passer d’une 3 portes à une 5 portes, bien plus pratique.
Donc non, vous n’allez pas devoir tout changer parce que vous allez accueillir des jumeaux, en tous cas pas plus que pour l’arrivée d’un enfant unique, au moins les premiers mois. Si vous souhaitez des conseils adaptés pour préparer l’arrivée de vos bébés, suivez-ce lien et rencontrez Alexandra dans l’épisode 14 du podcast.
3. Les jumeaux c’est héréditaire
Celui-ci c’est un de mes préférés car il est tellement ancré que même la personne qui vous annonce la grossesse gémellaire vous l’annonce parfois comme cela: « Eh bien il y en a deux, il y a des jumeaux dans votre famille? » Bon… Eh bien non. Mes jumeaux dizygotes ou « faux » jumeaux (je déteste ce terme) sont les premiers dans ma famille; en tout cas sur ces 8 dernières générations. La part de l’hérédité dans le cas des jumeaux dizygotes semble établie mais il y a tellement d’autres facteurs qui jouent dans cette gémellité, comme l’âge de la maman par exemple. Pour ce qui est des jumeaux monozygotes ou « vrais » jumeaux, la part de l’hérédité serait nulle. Il n’y aurait aucune preuve scientifique du poids héréditaire dans la conception des jumeaux monozygotes. Les raisons de cette division embryonnaire reste un mystère.
Ah au fait! S’il y a deux poches et deux placenta (une grossesse bi-bi) et si les bébés sont du mêmes sexes, il est tout à fait possible que vous attendiez des jumeaux monozygotes (« vrais » jumeaux). Vous le saviez?
4. On ne peut pas allaiter des jumeaux
Je vous arrête tout de suite. Oui, il est tout à fait possible d’allaiter des jumeaux. Suivez ce lien pour avoir les conseils de Marine, maman de jumeaux et facilitatrice en allaitement de jumeaux, notamment. Vous trouverez plusieurs retours d’expérience de maman de jumeaux sur ce blog aussi, dont le mien. Que vous allaitiez de manière exclusive, ou en tire allaitement et même en allaitement mixte, vous pouvez allaiter vos jumeaux.
5. Ils fonctionnent de la même façon
Ils sont deux, nés le même jour à quelques minutes d’intervalles. Vous les avez peut-être déjà surnommés les « jujus », les « twins », ou autres termes qui font de vos deux bébés une même entité. Ils sont un repère l’un pour l’autre, c’est indéniable. Et ils sont bel et bien deux personnes différentes, comme nous en parle Chloée qui est jumelle, sur ce blog. Il ont chacun leur propre personnalité et leur caractère bien marqué. Même s’il sont jumeaux monozygotes. C’est ça leur richesse. Ils ne fonctionnent pas à l’identique et c’est fascinant de les voir évoluer ensemble, s’apportant chacun un p’tit quelque chose.
6. il y a toujours un dominant et un dominé
Disons qu’ils sont plutôt complémentaires. Par l’effet de couple qu’il représente, chacun va s’établir en fonction de l’autre. Toujours ensemble, chacun va s’adapter à son jumeau. Je le constate en observant nos deux p’tits loups. Alors que l’un est plutôt à l’aise pour faire le show musical devant nous, l’autre préfère s’exprimer par le dessin, calmement. Chacun à leur manière, ils mobilisent leur force et se répartissent les rôles dans le couple qu’ils forment. Et cette répartition peut faire penser qu’il y a un dominant et un dominé. Mais, en réalité, il s’agit plutôt d’union des atouts de chacun. Ce qui est dingue, c’est que les jumeaux eux-mêmes s’identifient comme étant soit le dominé, soit le dominant. Enceinte de mes deux p’tits loups, un couple d’amis qui avait respectivement une sœur jumelle et un frère jumeau, m’avait parlé de cette tendance, exprimant clairement qu’ils étaient tous les deux les dominé de leur duo respectif.
7. Ils vont parler plus tard que les autres enfants.
Je l’ai beaucoup entendu celui-ci. Et derrière cet a priori sur les jumeaux, il y a sans doute celui de dire que les jumeaux sont télépathes et qu’ils développent un langage secret. Ils sont deux et ils se comprendraient sans un mot. Certes, la communication non verbale y joue sûrement aussi, comme dans n’importe quel duo. Mais non, cela ne veut pas dire qu’ils parleront moins vite et moins bien qu’un enfant seul. En fait, en termes de développement du langage, chaque enfant est différent. Et c’est aussi valable pour les jumeaux entre eux.
8. double trouble
Celui-ci est mondial. Combien de fois l’entend-t-on lorsqu’on se balade dans la rue, ou même de la part de nos proches. Alors pour la notion de double c’est largement questionnable. Car d’expérience, je dirais que le rythme est plutôt plus rapide et plus intense. Il faut être partout à la fois, une vraie maman pieuvre. Surtout lorsqu’ils commencent à se déplacer. Là les ennuis commencent. Enfin, les ennuis… Non, c’est un angle de vue. Car lorsqu’on considère que leurs bêtises sont en fait leur besoins et envies de découvrir le monde, on met des choses en place, comme sécuriser l’espace d’exploration, pour les laisser faire sans « trouble ».
9. il faut s’occuper de l’un comme de l’autre a part égale
On l’entend souvent aussi et je l’ai cru aussi. Un a priori sur les jumeaux qui culpabiliserait presque les parents. On veut, et on ressent le besoin de s’occuper des deux de la même façon pour ne pas en léser un des deux. Tout partager. Si l’un a un bisous l’autre aussi. Si l’un veut un câlin, l’autre en aura un aussi, même s’il ne l’a pas réclamé. vous voyez où je veux en venir? En fait, comme je le disais précédemment, ils sont différents. Et par cette différence, il n’ont pas les mêmes besoins. Je parle de besoins secondaires pas de besoins vitaux. Nos deux p’tits loups bénéficient de la même attention de notre part, mais force est de constater que notre poupée est bien plus en besoin de contact que notre bonhomme. Lui a bien plus besoin qu’elle de moments de complicité avec un de ses parents, des moments bien à lui. Ils sont différents, souvenez-vous. Alors pas de pression, si un des deux veut aussi ce que l’autre a eu, il vous le fera savoir. Et savoir cela retire pas mal de culpabilité pour nous, parents.
10. Wow, quel courage!
Alors là, je ne pense pas être la seule à en avoir marre de cet a priori sur les jumeaux. Il faut du courage. Ou encore, je n’y arriverais pas, quel courage il faut! Alors laissez-moi vous dire que du courage, on n’en a pas besoin! Que les choses soit claires. C’est plutôt de la patience, du lâcher prise et de l’organisation dont les parents ont besoin. Du courage, pas du tout. Nous sommes leurs parents. Notre force morale, nos actions malgré les difficultés et notre énergie dans l’action (car c’est tout ça le courage), elles sont motivées par eux, nos jumeaux. Ce n’est pas facile tous les jours, on ne va pas se mentir. Mais ce que l’on oublie souvent c’est qu’en tant que parents, on grandit avec eux. On apprend à les connaître, à anticiper leurs réactions, à savoir ce dont ils ont besoin, à répondre à leur besoins selon nos propres moyens. Cette machine se met progressivement en route et on la construit ensemble parents et jumeaux. Les moments intenses et parfois difficiles sont là mais ils nous paraissent bien moins insurmontables parce qu’on fait équipe en famille. Le courage est plutôt teinté d’adversité, non?

Alors, voilà. J’en reviens souvent à la même conclusion. On ne peut pas savoir ce qu’est d’être parents de jumeaux tant qu’on ne l’est pas. Et de la même manière, et je ne crois ne pas être la seule à le penser, je m’estime chanceuse d’être maman de jumeaux.
Et vous, quels a priori sur les jumeaux avez-vous déconstruit en devenant parents de jumeaux?

[…] humoristique, ironique ou affectueuse de dire que les parents reçoivent tout en double dont le « double trouble » dont je vous parle ici. Alors, on en parle de cette fameuse double dose avec des […]