Outils de parentalité et virage à 180°: inspirations des mères d’ailleurs

Je ne me suis jamais posée la question du mode d’éducation et des outils de parentalité que je souhaitais mettre en place pour mes enfants. C’était évident! Très intransigeante sur la transmission des valeurs de respect, de politesse et de bien-séance, il était pour moi normal de donner une éducation stricte, sévère voire punitive. L’éducation que j’avais en partie reçue. Il était hors de question que mes enfants se roulent par terre dans un magasin, ne disent pas merci et s’il te plaît, bonjour, etc. et manquent de respect à leur pairs. Bref, vous voyez le tableau: fermeté, discipline et se faire obéir au doigt et à l’œil.

Et ce que je savais de l’éducation positive (très peu en somme), ne me permettait pas de l’envisager comme une alternative pour aboutir à ces mêmes résultats. Je ne m’y suis alors jamais vraiment intéressée.

Enceinte de nos deux p’tits loups, je ne dérogeais pas à cette vision de l’éducation. Et P’tit chou avait les mêmes convictions que moi.

Mais ça, c’était avant que je devienne mère. C’était avant que je rencontre nos deux p’tits loups et surtout avant que je ressente cet amour inconditionnel. Un amour qui fait fondre d’émotions une mère au contact de ses enfants; je faisais fusion avec eux.

Je croyais être une mère autoritaire… pfff!!!

Ma prise de conscience: mon moi-Maman

Avec nos deux p’tits loups, c’est mon moi-Maman qui est né. Je ne suis plus la même, émotionnellement, surtout. Je n’ai plus la même sensibilité, les mêmes envies, les mêmes attentes, aussi. Ils m’ont donnée mon plus beau rôle, c’est fou! Ils m’ont aussi permis ma plus grosse remise en question… Et ça c’est encore plus fou!

outils de parentalité des mères Hadza: l'autonomie
Un des outils secrets de parentalité des mères des cultures ancestrales en terme d’apprentissage des tout petits: les laisser le plus possible en totale autonomie (garder un œil sur eux bien sûr mais de loin)

Je me suis rendue compte peu à peu que j’étais “instinctivement” une mère hyper empathique, très compréhensive, profondément préoccupée par les états d’âmes, émotions, souffrances et besoins de nos deux p’tits loups.

Je me suis d’abord vue les considérer comme deux p’tits êtres en plein apprentissage, avec la patience et l’amour nécessaire pour essayer de les comprendre et les accompagner au mieux (et non les éduquer!). J’ai considéré très vite leurs ressentis, leur sensibilité émotionnelle et leurs besoins.

J’ai pris en compte surtout leurs capacités réduites… Car oui, ils sont en plein développement physique, moteur et émotionnel. Et non, ils ne sont pas capables de décider et faire tout ce que je pourrais attendre d’eux. Pas capables non plus de réagir avec autant d’intelligence émotionnelle que je pourrais le vouloir. C’est le même processus que pour la motricité, la marche, la préhension, le langage, etc. qui s’acquiert avec le temps. Mais enfin! Pourquoi ne pas l’avoir compris dès le départ!?!

J’ai aussi compris que je ne pouvais pas leur prêter des intentions qu’ils n’avaient pas (celles calquées sur les modèles des réactions adultes). Car même si leurs réactions comportementales ou émotionnelles laissent penser à de la moquerie, à de l’agressivité volontaire ou encore à de la mauvaise volonté, par exemple, le mécanisme sous-jacent à ces comportements n’existe pas chez eux… Pas encore, j’ai envie de dire! Ils ne savent même pas ce que c’est et sont en plein apprentissage…de tout!

Et avec le temps, je me suis surtout rendue compte que je pouvais être ferme et me faire entendre (pour ne pas dire obéir) sans ordonner. Sans non plus obliger, contraindre, punir, sans m’énerver et sans annihiler les émotions de nos deux p’tits loups.

Une sorte de révélation…

Et puis un jour, j’ai découvert ce livre. Chasseur, cueilleur, parent, ce livre inspirant et pratique! LE livre qui a fini de changer complètement ma vision de l’éducation… Euh pardon! Qui a changé ma vision de l’accompagnement et de l’apprentissage pour nos deux p’tits loups. Ce livre a participé grandement à renforcer ma nouvelle idée de ma relation parents-enfants. Il a renforcé surtout mon nouveau moi, mon moi-Maman. Moi qui considère nos deux p’tits loups comme des êtres vulnérables. Comme des p’tits êtres à qui il faut tout apprendre en les accompagnant, progressivement, et qu’il faut protéger, surtout. Nos deux p’tits loups qu’il faut savoir écouter, considérer et essayer de comprendre… qu’il faut respecter! Ce livre a particulièrement permis de consolider mon moi-Maman, empathique, patiente, aimante en me donnant des outils de parentalité bien pratiques!

Ce livre questionne nos façons occidentales d’éduquer nos p’tits bouts de chou à la lumière des pratiques éducatives des cultures ancestrales. Il est une sorte d’étude anthropologique. En mêlant expériences, observations et références scientifiques, ce livre nous offre les secrets de la parentalité heureuse dans ces cultures anciennes. Voici ce qu’ont à nous apprendre les mères Mayas, Inuits et Hadza!

Ma nouvelle boîte à outils de parentalité

Certains passages de ce livre m’ont laissée sceptique mais de manière générale appliquer les concepts et outils des mères des tribus d’ailleurs m’aident beaucoup au quotidien. Oui, leurs outils de parentalité me facilitent la tâche et me déchargent même parfois de pas mal de contrariétés, surtout avec des jumeaux. Voici quelques concepts et outils que j’applique particulièrement, qui fonctionnent et qui me sauvent de situations conflictuelles… Même avec des jumeaux!

une boîte à outils de parentalité pour repenser notre vision de l'éducation de nos tout petits
Ce livre est pour moi une merveilleuse boîte à outils de parentalité et m’a aidée à avoir une relation parents-enfants plus paisible avec nos deux p’tits loups.

Les former dès tout petits

De manière générale, les trois grandes étapes pour former les enfants dans ces communautés, pour leur transmettre toutes les valeurs à transmettre (générosité, respect, politesse, self-control, patience, etc.) sont invariablement les suivantes:

  • Pratique: donner aux enfants des occasions de pratiquer un savoir-faire ou un savoir-être, en les invitant à faire, en encourageant leur désir de faire et d’être, etc.
  • Exemple: montrer l’exemple du bon comportement aux enfants, les immerger dans notre quotidien de parents afin qu’ils apprennent en nous observant (et non l’inverse comme leur montrer l’impatience, la colère, etc.)
  • Reconnaissance: montrer de la reconnaissance envers le comportement ou la tâche effectuée (par exemple, montrer de l’attention, associer ce comportement à une certaine maturité, accepter leur contribution sans leur dire sans arrêt quoi faire ou les corriger, sans repasser systématiquement derrière eux, accepter et valoriser leurs idées, essayer le plus possible de ne pas les complimenter pour ne pas générer de la compétition entre frères et sœurs et pour ne pas saper leur motivation, etc. )

Comme une sorte de formule, ces étapes dans la formation des enfants leur permettent d’être plus motivés sans que les mères soient obligées de les soudoyer ou de les amadouer. Ces étapes permettent aux enfants de se sentir reliés aux parents, de choisir de faire sans qu’on les y oblige et de se sentir compétents dans ce qu’ils font.

Les laisser faire partie de la famille en les incluant

Les enfants sont, de manière innée, volontaires. Ils aiment aider et rendre service à leurs parents. Ils sont aussi motivés naturellement par le travail d’équipe et la coopération. C’est en faisant équipe avec leurs parents qu’ils trouvent une place à part entière en tant que membre de la famille. Aussi, c’est en les incluant dans les activités de la famille, dans les activités d’adultes (et non en leur prévoyant un programme de divertissement spécialement conçu pour eux, à part, ce qui saperait leur motivation à coopérer, à aider aussi) que les enfants deviennent serviables et coopératifs. Ils savent s’occuper seuls, observer le monde qui les entoure, se distraire sans interventions extérieures, sans stimulation et apprennent en observant aussi!

Les mères des cultures ancestrales maximisent l’exposition des enfants au monde des adultes (tâches ménagères, courses, visites chez nos amis, activité pour toute la famille, adultes compris). Elles vaquent à leurs occupations avec leurs enfants “dans leurs pattes” et les sollicitent pour les aider ou pour aider leur frère/sœur. Elles leur proposent d’exécuter des tâches réelles adaptées à leurs âges, des tâches à effectuer ensemble… Bref en les faisant participer à leur monde d’adulte et en acceptant leur contribution, ces mères donnent à leurs enfants leur carte de membre de la famille. Il sentent qu’ils jouent un rôle important au sein de la famille et sont alors désireux d’ aider.

Chez nous, cet outils de parentalité facilite la contribution de chacun dans la vie de famille. Notre P’tite Lo adore faire le linge et les machines. Elle me voit trier le linge et, d’elle même, vient le prendre pour le mettre dans la machine. Elle aime aussi m’aider à le ranger… Déplie parfois la plupart des vêtements en chemin, mais bon… Bein, c’est en faisant qu’on apprend! Je ne m’agace pas et j’accepte son aide (les 3 étapes: pratique, exemple, reconnaissance). Notre P’tit No, lui, aime nettoyer. Il n’hésite pas à aller chercher de quoi essuyer son lait qu’il vient de renverser de son biberon ou à jeter, de lui-même, à la poubelle un papier ou une saleté qu’il vient de ramasser. Et je le répète, ils adorent ça!

Apprendre à ne plus ressentir de colère en les acceptant

Je l’ai compris à mes dépends. Il faut que j’apprenne à garder mon calme car la colère contre nos enfants est stérile. Elle engendre des situations plus conflictuelles encore et finit par rendre nos enfants insensibles à nos paroles. Ils ne nous écoutent plus! Notre colère génère leur colère ce qui provoque à nouveau notre colère en retour….c’est un cercle vicieux. Alors que si on répond avec calme à leurs contrariétés, on leur donne l’exemple et surtout l’occasion de trouver l’apaisement. Comment maîtriser cette colère et surtout comment garder son calme? Pour moi, cet outil de parentalité est le plus difficile à mettre en place mais il est le plus utile… Et j’y parviens petit à petit.

Les Inuits ont beaucoup à nous apprendre. Ils savent maîtriser leur colère pour permettre aux enfants de maîtriser la leur et de retrouver leur calme. Pour ne pas leur apprendre à se mettre en colère, aussi! Ils partent du principe que les jeunes enfants se comportent mal. Ils ne pensent pas que leurs enfants essayent de les pousser à bout ou de les manipuler. Ils savent que, par essence, les jeunes enfants sont de toute façon agressifs, impolis, exigeants, et colériques… Bref ce sont des p’tits êtres irrationnels et c’est à nous de leur apprendre à bien se comporter.

Une fois que j’ai admis ça, une grande partie des raisons pour lesquelles je ressentais de la colère s’est envolée…pshitt!! Je ne ressens presque plus de colère lorsque nos deux p’tits loups se comportent mal ou font des crises. J’essaye de comprendre, je n’essaye pas de négocier ou de me disputer et je ne les force pas non plus à faire quelque chose. Je me dis qu’ils ne savent pas, qu’ils doivent apprendre et que c’est à moi de trouver un moyen de leur enseigner. J’ai changé de point de vue pour ne plus ressentir de colère, j’accepte qui ils sont.

Pour garder mon calme, admettre cela m’aide. Mais parfois j’ai besoin de fermer les yeux, de respirer et de rester silencieuse dans certaines situations. Je me tais, j’attends de ne plus ressentir de colère avant de parler ou d’agir pour leur apprendre à maîtriser leur colère. Bon, je ne vous cache pas que par temps de grande fatigue tous ces bons principes s’ébranlent et je me fâche.

Dompter leurs crises en faisant baisser l’énergie

Faire baisser l’énergie, surtout, pour qu’ils ne crient plus, pour qu’ils retrouvent leur calme. Parler aux enfants lorsqu’ils sont en crise est peine perdue. Ils sont en crise, une tempête émotionnelle qui les submerge et qu’ils ne comprennent pas. Un gros stress qui fait qu’ils ne nous écoutent pas. Mieux vaut donc se taire et utiliser autre chose pour les apaiser.

Les mères d’ailleurs utilisent plusieurs outils de parentalité que j’arrive à mettre en place pour dompter les crises de nos deux p’tits loups. Et ça fonctionne super bien! La première et la plus essentielle est de garder son calme, rester silencieux, à côté de l’enfant en crise. Lui montrer simplement qu’on est là pour lui. Cela vise surtout à ne pas faire monter l’énergie davantage. Un autre outils est celui du contact physique, surtout tendre, un câlin, une main tendue c’est parfois tout ce dont il a besoin. Lui faire parfois même des chatouilles ou chahuter avec lui en rigolant jusqu’à ce qu’il s’apaise, selon la situation. Ensuite l’émerveillement, un de mes outils favoris. Le “Wow” qui fait la différence, celui qui remplace la colère. Montrer quelque chose de beau, de surprenant en lui disant le plus calmement possible “oooh wow, tu as vu comme c’est beau?”. Enfin, si tout cela ne marche pas, sortir, aller prendre l’air, tout simplement.

Au moment où je finis de rédiger ce paragraphe, notre P’tite Lo se réveille de sa sieste en crise et réveille son frère par la même occasion. Inconsolable, elle ne veut ni venir dans mes bras pour un câlin, ni que je la touche… Arf! Rien n’y fait et je ne comprends pas ce qu’elle a. En consolant notre P’tit No qui ne comprend pas ce qu’il se passe dès son réveil, je décide de rester là, silencieuse, assise devant son lit pour lui montrer que je suis là. Alors bien sûr ça dure un petit moment… Mais elle finit par se calmer seule et par nous rejoindre pour un câlin. Il y a du mieux mais ce n’est pas encore ça. Elle pleure encore un peu. On continue les câlins à trois (heureusement que notre P’tit No est coopératif dans ces moments-là). Après un p’tit instant je lui dis: “oooh et si on allait voir les oiseaux par la fenêtre, tu crois qu’ils sont là?” Ni une ni deux, j’ai vu ses grands yeux s’illuminer, son visage se détendre. Elle s’est levée, a pris ma main et nous sommes allés tous les trois regarder les oiseaux par la fenêtre. Et fin de la crise… en 10/15 minutes mais dans le calme. Et surtout sans agacements, sans colère et sans cris.

Les amener au bon comportement en les faisant réfléchir

Les ordres et les leçons donnent l’opportunité aux bras de fer, aux négociations et à la colère. Les mères des cultures ancestrales l’ont bien compris et usent d’un tas d’outils de parentalité pour encourager leurs enfants au bon comportement, sans colère, sans menaces et sans négociations… Grâce à des outils non verbaux! Ces outils amènent leurs enfants à réfléchir à leur comportement et leur donnent l’occasion de mieux assimiler quels sont les comportements appropriés.

Comment font-elles pour les pousser à réfléchir? Et surtout comment font-elles cela en gardant leur calme et sans dire beaucoup de mots? Le premier outil, et pas des moindre lorsqu’on parvient à bien le manier, c’est le “regard-qui-dit-tout“. En y mettant toutes leurs convictions et tout ce qu’elles veulent transmettre à leurs enfants dans ce regard, les mères des tribus anciennes parviennent à faire stopper les mauvais comportements et à inciter au bon comportement. Je me suis entraînée pendant plusieurs mois avant d’y parvenir vraiment. Et ça fonctionne parfois même mieux que mes injonctions.

Un autre outil est celui du “puzzle des conséquences“. En leur disant simplement et factuellement, sans mentir, les conséquences de leurs actes, les enfants sont capables de décider d’eux-mêmes d’arrêter. Et ça fonctionne! Quand je dis à nos deux p’tits loups calmement: “vous allez tomber de la chaise et vous faire mal” au lieu de dire autoritairement “descend de là!”, ils me regardent et descendent de la chaise. Bon ok, ça ne réussit pas à tous les coups mais la plupart du temps je vois qu’ils ont un instant de réflexion avant d’obtempérer… ou de continuer dans la mauvaise voie.

Dans ce dernier cas, puisqu’ils sont “en danger”, je dégaine un autre outil de parentalité de ces mères d’ailleurs: “agir plus, parler moins“. Plutôt que de leur ordonner de descendre, je m’approche, je leur tends la main et ils comprennent qu’ils doivent descendre. Ils descendent sans négociations. Cet outil fonctionne aussi très bien lorsque je souhaite qu’ils me rejoignent dans une pièce. Je vais les chercher par la main et ils suivent sans râler. Et lorsque je dis on y va, j’y vais… Et ils finissent par suivre (pour aller à la douche, pour sortir, par exemple). Bon ça prend parfois quelques minutes pour qu’ils réagissent mais ils finissent toujours par suivre.

Cet outil de parentalité est aussi efficace pour modifier l’environnement autour. Par exemple, au lieu de dire “tu vas te couper avec ce couteau”, je préfère enlever le couteau de son environnement avant que notre P’tit No le prenne. Il me voit l’enlever et comprend qu’il ne faut pas y toucher…parfois! En agissant plutôt que de parler, on les encourage au bon comportement sans leur donner d’ordres (personne n’aime les ordres, même pas nous, adultes!) et sans engendrer de conflits ou de négociations. Et oui, il y a tout de même des manqués, ce n’est pas une “science” exacte…

Un autre super outil que j’adore est le fait de “responsabiliser ses enfants“. Quand je fais ça, ils chouinent moins et apprennent à participer à la vie de famille. Quand notre P’tit No commence à s’exciter et à tout jeter, lui dire “arrête de jeter” ne sert à rien. Je vois qu’il se disperse de plus en plus alors je vais le voir et lui dit: “allez, viens, tu vas aider maman à faire à manger”. Alors là, il se calme de suite, prend ma main et me tire même jusqu’à la cuisine. C’est génial!

Une autre fois, notre P’tite Lo s’est mise à crier dans un magasin pour avoir une viennoiserie (Arf! ce que je redoute le plus!). J’ai commencé par lui expliquer calmement que ce n’était plus l’heure du goûter et je suis passée à autre chose (l’ignorance…un autre outil de parentalité. On y revient après). Têtue comme elle est, ça n’a pas fonctionné. Elle criait encore et tous les gens sur notre passage nous regardaient… (classique!). Alors je lui ai dit: “je cherche le lait, est-ce que tu le vois? Tu m’aides à chercher s’il te plaît?”. Elle s’est de suite redressée dans sa poussette, a ensuite arrêté de pleurer et s’est mise à regarder les rayons avec un doigt tendu vers les articles. J’étais plutôt fière de ma pirouette. Sans m’énerver et sans crier, elle s’est calmée et a pris plaisir à m’aider dans les courses… Ouf!

L’ignorance. Maîtriser cet outil de parentalité des mères des cultures ancestrales n’est pas facile mais ça fonctionne plutôt bien. Lorsque leurs enfants sont obstinés, enfreignent les règles ou ont un comportement qu’elles jugent indigne, elles savent les ignorer. C’est ce que j’ai essayé de faire avec notre P’tite Lo dans le magasin. Une crise pour obtenir quelque chose n’est pas un comportement que je cautionne donc je lui ai expliqué et je suis passée à autre chose. Cette fois, ça n’a pas fonctionné mais souvent ça fonctionne. Lorsqu’elle se roule par terre à la maison parce qu’elle n’a pas ce qu’elle veut, je ne lui donne pas l’exemple de la colère ou des cris et ne reconnais pas son comportement (les 3 étapes: pratique, exemple, reconnaissance). Je l’ignore et je quitte la pièce. Car lui dire “arrête de faire ça” c’est déjà reconnaître son comportement. Et quelques secondes voire minutes après, elle se calme et vient nous rejoindre. L’ignorance dans certains cas n’est pas facile à mettre en place, surtout avec des jumeaux. Il y a souvent l’autre qui va réagir à ce comportement que l’on souhaite ignorer, soit en riant, soit en lui apportant ce qu’il souhaite. La solidarité entre eux est bien perceptible dans ces cas-là! (hihiii)

Le dernier outils de parentalité pour amener au bon comportement en faisant réfléchir nos enfants est “poser des questions“. De celui-là, j’use et j’en abuse mais il fonctionne tellement bien! Au lieu de donner des consignes ou donner des ordres, je pose des questions comme les mères des tribus anciennes. Quand notre P’tit No pousse ou tape sa soeur je lui dis: “qu’est-ce que tu fais à ta soeur?”. Là, il arrête, me regarde d’un p’tit air penaud et il sait qu’il a fait quelque chose de mal. Bon, certes il recommencera à un moment donné sous le coup de l’émotion mais à chaque fois il comprend et sait que ce n’est pas un bon comportement.

Les questions, je les pose aussi lorsqu’ils ignorent ma demande. Je leur dis: “qu’est-ce que je viens de dire?” ou “qu’est-ce qu’elle t’a demandé maman?” Et là, même réaction. Un regard en ma direction l’air de dire “oui c’est vrai je ne t’écoute pas” et le bon comportement qui suit derrière. J’adore les questions! “Qui a mis ce bazar?” ou “qui a écrit sur le mur?” ou “qui tape sa soeur?” Ni accusateur, ni dévalorisant cet outils de parentalité est super pour dire ce qu’on a à dire, faire passer un message sans se fâcher ni engager une situation conflictuelle. Leur poser des questions permet d’initier la réflexion des enfants sur leurs actes et leurs conséquences potentielles.

Développer leur confiance en soi en respectant leur autonomie

Mener les enfants à la baguette sape leur confiance en eux (heureusement que mon moi-Maman naissant a changé la donne de départ!). Les enfants sont, de plus, enclins naturellement à vouloir apprendre de manière autonome, sans qu’on s’en mèle. Les mères des tribus ancestrales sont les championnes pour stimuler la confiance en soi et l’autonomie de leurs enfants. Elles y parviennent en intervenant très peu verbalement. Elles donnent très peu de consignes, ordres ou autres demandes dans une journée. Elles laissent leurs enfants vaquer à leurs occupations tout en gardant un oeil sur eux, bien sûr! Elle attendent d’eux en retour aide, partage et bienveillance. Cette autonomie leur envoie le message qu’ils sont capables. Ça les entraîne à devenir plus solides en apprenant à gerer seuls les obstacles et les dangers (hors gros dangers bien sûr, c’est pour ça qu’il y a toujours un oeil attentif). Ce qui en retour permet de donner moins de consignes…

J’applique cet outil de parentalité (donner moins de consignes et respecter leur autonomie) à la maison et lors de nos sorties au parc. Au parc, je sécurise les lieux avant en m’assurant que tous les portails sont bien fermés. Lorsque ce n’est pas possible, je reste à une distance raisonnable et veille à ce qu’il ne se mettent pas trop en danger. Et il est vrai qu’ils commencent à être de plus en plus dégourdis, surtout notre P’tit No qui est plutôt pataud. Ils me sollicitent moins pour des p’tits bobos ou des p’tits ennuis. Ils réussissent à prendre de p’tites décisions face à un problème comme, par exemple, contourner au lieu d’essayer de grimper à tout prix…

Je ne parle pas non plus à leur place. Je ne leur dis pas de dire “merci”, “bonjour”, etc. D’ailleurs, à leur âge (25 mois), ils disent merci (presque) à chaque fois qu’on leur donne quelque chose. Ils disent aussi bonjour aux voisins que l’on croise (certains ne disent même pas bonjour…), aux gens aussi qui nous parlent parfois dans la rue… Tout simplement car ils nous entendent le faire. Cet outil de parentalité qu’est le respect de leur autonomie est génial mais pas facile à appliquer si on habite en ville, notamment. Pas simple non plus tout le temps avec des jumeaux, surtout lors des sorties.

Je vous invite vivement à lire ce livre qui pour moi a été une révélation. Il est une formidable mine d’or, une boîte à outils précieux! L’enseignement que je tire des méthodes éducatives des mères des cultures ancestrales est qu’il faut faire équipe avec ses enfants. Ils ont parfois tant à nous apprendre, eux aussi. Tous ces outils de parentalité, ceux que j’applique, m’ont permis d’avoir une relation plus douce, plus paisible, plus respectueuse avec nos deux p’tits loups… Et surtout peu conflictuelle. Et je me plaîs à croire que c’est ce qui contribue à faire de leur enfance, une enfance heureuse et épanouie.

Et vous, vous pensiez être et vous êtes de quelle team, autoritaire, positive, autre?

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